jeudi 3 décembre 2009

"...avec des gaulettes par milliers,

n'oublie pas mon très cher Prieuré !".
Cette petite chanson me trotte dans la tête depuis ce début de mois , vivement la nuit de Noël.
Notre commande de châtaignier est livrée sur le site , la restauration des ouvrages en bois est ouverte...
Tout d'abord un tri s'impose avec les bottes de gaulettes , et il est bon de séparer les gaulettes selon leurs diamètres : petites , moyennes et grosses .
Nous commençons cette campagne par le banc circulaire du poirier centenaire , la première action est la plus facile , c'est le démontage du banc .
Puis ...plus difficile de relater avec des mots la construction qui suit ! Quand les mots manquent les gestes parlent , et pourquoi ne pas le faire en photos avec un esprit ludique .
Dans les photos qui suivent , numérotées en désordre , à vous de remettre dans le bon ordre toutes ces vues et ainsi comme au loto...de trouver les bons numéros !
Attention ici pas de super cagnotte à gagner , seulement la satisfaction de créer numériquement un banc tressé de châtaignier d'Orsan.
Ouvrez l'oeil et soyez perspicace.
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vendredi 27 novembre 2009

Hivernation...ou hibernation ?

C'est un peu la paresse en ce moment coté blog et la tendance semble à la relâche, mais je ne suis pas comme l'ours à l'entrée de l'hiver ! Hors de question de s'endormir sur ses lauriers , le jardin d'Orsan ne connaît pas de sommeil profond...juste un bâillement et un soupir à peine perceptibles.



Ce mois de novembre est bizarre , si doux et agréable pour le moment que le bêchage réservé aux froids matinaux se pratique sans les lourdes protections vestimentaires ! C'est toujours plus plaisant...de toute façon il faut s'acquitter des bêchages au plus vite , alors ne faisons pas la fine bouche.

Malgré cette douceur , non loin de nous et guettant le travail des fourches à bêcher un fidèle compagnon hivernal des jardiniers veille ; de sa tour de contrôle le rouge-gorge (Erithacus rubecula ) à l'oeil sur le moindre ver de terre mis au jour.

Lors d'un certain hiver particulièrement rude , la faim a poussé un de ces passereaux à se poser sur le manche même de l'outil afin d'être au plus près de la nourriture découverte par le retournement de la terre !

Non migrateur , il passe l'hiver chez nous ainsi cet oiseau hi.erne ( à vous de trouver la lettre manquante ? ).

Les fruits rouges , le jardin de Marie sont bêchés c'est maintenant le tour des parterres de rosiers galliques . Pour également une meilleure aisance lors du travail , les touffes sont liées à la ficelle . Ce bêchage retourne les adventives présentes , mais pas de fumure cette année pour les rosiers ils attendront une saison . Un rythme de fertilisation tous les ans est un luxe...un peu de régime ne peu en aucun cas leurs nuire , les réserves dans le sol sont bonnes.






Le chapitre taille des rosiers grimpants est clos , le jardin de Marie est fin prêt pour la floraison de 2010 et il ne restait que les deux bons rosiers " Ghislaine de Féligonde" du porche qui n'avait pas reçu nos soins. C'est chose faite depuis cette semaine , ils ne sont que deux mais le travail est délicat pour ces rosiers car de grandes ampleurs.


Enfin c'est aussi le temps du ramassage des feuilles , un labeur peu émancipateur mais important pour les gazons et les circulations.


Ces feuilles vont au compost ou sont brûlées selon leurs provenances , celles des tilleuls sont idéales pour faire de bonnes chaussettes aux artichauts.
Attachés en bottes et les feuilles coupées , les artichauts apprécient cette sommaire couverture que nous ne manquerons pas d'étoffer si la météo s'aggrave.
A la sortie de l'hiver , ces feuilles enfouies par un béchage printanier avec un fumier apporté donneront une bonne fertilisation à mes artichauts ; ce sont des gourmands ces gars là!

mardi 17 novembre 2009

"...mais il faudra bien te couvrir ,

dehors tu sais il fait si froid...".

Ces paroles adressées au Père - Noël s'applique tout aussi bien aux oliviers d'Orsan. Novembre est le mois de la protection de ces arbres persistants , loin de leur soleil .

Le froid est un" moindre mal" pour ces hôtes méditerranéens ; les pieds dans l'eau , de la glace et de la neige sur la tête sont nettement plus contraignants !

Certaines enluminures présentent des personnages assis sur un monticule de terre enherbée , un arbre est planté sur cette butte donnant une toiture végétale à ce banc de verdure.

C'est tout à fait la scène retenue pour présenter les oliviers dans le Berry ; enracinés en élévation l'eau se ressuie aisément pour le bien-être des arbres.

Le niveau de terre couvert de lierre propose aux visiteurs de s'asseoir sur ce pré-haut ( pré en hauteur ) , à l'identique des enluminures citées.

Pourquoi une plantation d'oliviers sur les terres berrichonnes ?
Comment évoquer un jardin médiéval de monastère sans cultiver le trio sacré ; le blé , la vigne et ...l'olivier ! Si "l'obligation" de posséder ces incontournables est la réponse, ce sont les enluminures qui viennent au secours pour des suggestions de cultures et de travail , appliquées et adaptées à chacune d'elles , ( le parterre des blés , le vignoble palissé et le pré-haut d'olivier ) .

Un abri en structure métallique est construit chaque hiver autour des oliviers. Celui-ci est recouvert de " lutrasil" , matière légère qui laisse passer l'air et la lumière , c'est le voile de forçage pour les semis printaniers . Ainsi revêtus , nos oliviers ressemblent à des mariés !



Ce voile procure un léger écart de température entre l'intérieur et l'extérieur de l'abri , mais surtout il bloque gèle et glace précédemment évoqués .
Pour le moment c'est une écharpe préventive qui joue la première protection , en décembre une toiture imperméable fera un bon couvre-chef et isolera convenablement " Oleum europeum" des agressions hivernales.
Noël arrivé , Orsan possède alors deux magnifiques exemplaires d'oliviers de serres !




Voilà des torsades qui vont rappeler de bons souvenirs à quelques uns venus aux sessions de travail du bois...rien ne se perd à Orsan et les brins de saules prévus pour les stages sont utilisés aux restaurations des corbeilles à rhubarbes. Chaque année des gabions sont refaits selon le degré de destruction qu'ils présentent , ainsi à tour de rôle ils font peaux neuves.



Après l'arrachage et le remplacement des tuteurs , Laurent reprend le tressage en " nid d'oiseau"au bel effet et de bonne efficacité pour la tenue des rhubarbes.


Encore et toujours des récoltes à l'ordre du jour...vrai de vrai ce sont les dernières !
Comment laisser perdre ces beaux coings , qui à quatre ne font pas la paire mais bien le kilo!

Histoire de reprendre le travail des méninges , quel est le nom populaire dans le Berry de ces fruits récoltés ( voir en photo ci- dessous plusieurs paniers bien remplis ! ) en même saison que les coings ?
Cette baie riche en vitamine C , brune ou ocre nécessite le froid pour être comestible...mais attention tout le monde n'aime pas forcément.
Indice : " Ce nom vient du genre! "

...et puis aussi le nom latin , la famille et le nom vernaculaire de l'arbre porteur de ces fruits !


jeudi 5 novembre 2009

Très bon cru 2009 !



Je ne veux pas parler du résultat des vendanges mais de la qualité de vous tous , postulants venus aux " Atelier du jardin" de diverses régions de France , voire de pays limitrophes.

Quelle semaine ! Fraîcheur , pluie et soleil ont donnés aux journées un ton et des saveurs propres à la réalité du jardinage ; il faut composer avec les éléments!

Attentifs , vous avez suivi avec grand intérêt les instructions transmises à chaque atelier .
Pour celui concernant " Initiation à la taille des rosiers" ; c'est la découverte des crans et incisions , l'arcure des allongements pour casser la sève et la définition d'un " mange-tout".

Pour l'atelier " Le Travail du bois"ce fût l'apprentissage du tressage des gaulettes avec leurs points de ruptures ; la natte et le noeud d'osier pour l'attache et la réalisation rapide , mais éphémère des nids d'oiseaux en saules marsault , clématites et sarments de vigne .

Enfin " Les Piliers du jardinage " ont apporté des gestes qui manquaient éventuellement à votre pratique , également une précision de certains vocabulaires et termes techniques propres au monde du jardin . Et surtout que la réalisation de son jardin passe tout d'abord par des réflexions " Qu'est-ce que j'ai ?" , " Qu'est-ce que je veux ?" et " Qu'est-ce que je peux faire ?"...

Surprise pour tous ; la terre et les végétaux sont vivants avec leurs lois et leurs contraintes !

Derrière cette volonté de transmettre ce savoir-faire et les expériences que je suis sensé posséder..? , c'est avant tout avec ces journées une réelle joie que de vivre ces rencontres .

Vos questions , vos doutes ...vos émerveillements pour chacun de ces ateliers sont pour moi de formidables récompenses .
Vous tous qui êtes venus à ces stages 2009 , soyez en à nouveau remerciés , studieux et assidus vous avez été à la hauteur , et ce qui m'inquiète le plus coté compétences pour les sessions 2010...ce sont bien celles du chef-jardinier!


Tunnel , arcades et plessis pour le bois.

Tressage en cours et à finir...


Gaulettes de châtaignier pour les parterres surélevés et tuteur de châtaignier pour la plantation.




" Mme Alfred Carrière"en pyramide ou à plat , au choix!




" Pierre de Ronsard" avant et après...résultat en 2010!



Toujours ce bon Alfred...























vendredi 30 octobre 2009

Messi...

...coles , c'est le nom des plantes des moissons ( du lat, messis ,moisson , et colere , habiter ). Lorsque l'homme a domestiqué les céréales , très naturellement les plantes associées dans la nature à ces dernières ont suivi et se sont épanouies dans les champs de l'agriculteur.



Chaque année lors des semailles d'automne, je ne manque d'incorporer aux semences du grand épeautre des graines de coquelicots ( Papaver rhoeas ) , de bleuets ( Centaurea cyanus ) , de nielles ( Agrostemma githago ) et certaines années le magnifique chrysanthème des blés ( Chrysanthemum segetum ) . Chassés par l'homme des cultures , c'est avec joie que de nombreux visiteurs les observent ou les découvrent pour une première fois dans le carré des blés d'Orsan .

L'épeautre se sème à la volée puis après un léger griffage pour égaliser le semis et légèrement enfouir les graines je pratique un roulage . A la sortie de l'hiver d'autres roulages favorisent le tallage du céréale .
Peu difficile de culture , sachez tout de même qu'il demande une condition particulière pour une réussite idéale : si le troène se plante par six , l'épeautre se sème par groupe de douze !

Blague à part au jardin c'est la course , tout d'abord coté récolte avec les vendanges et surtout ... la dernière ligne droite pour les préparatifs des " Ateliers au jardin" de la semaine à venir .
Soyez rassurés les sarmenteux et les lianes seront au rendez-vous pour l'atelier "Initiation à la taille des rosiers" , la clôture en croix est prête pour l'atelier des "Piliers du jardinage " et les liurres et la vigoune sont récoltées pour l'atelier " Le travail du bois".
La semaine va être productive et riche ...

jeudi 15 octobre 2009

Un arbre se meurt .

Alors que j'effectuais une ultime fauche dans les allées de la promenade , je découvris avec stupeur un chêne mourant dans un des alignements délimitant les parcelles.

Un arbre qui disparaît , rien de plus banal...pas au sein du Prieuré.

Toutes ces vieilles sentinelles sont la mémoire récente des lieux d'Orsan , chacun de ces arbres participe à l'identité du site.

Le bocage d'environ dix hectares est travaillé soigneusement et ouvert à la visite au même titre que les jardins . L'utilitaire et la symbolique des
jardin s'y retrouvent ; sous la forme agricole pour le premier et l'allégorie du " Pré aux mille fleurs" pour la seconde.

Pour faire une similitude compréhensible , un éleveur tient à coeur chacun des animaux qui constitue son cheptel ; comment rester indifférent à la perte de l'un deux. Plus terre à terre , anciennement il était bien précisé dans le bail d'un fermage la quantité d'arbres en place , malheur à celui qui n'en prenait pas soin!

Devant ce vieillard à l'agonie , j'envisageais la possibilité de lui donner la parole et de recueillir ses" mémoires ligneuses" , tout comme on écoute sagement un de nos anciens au crépuscule de sa vie.

Écoutons:

" L'aventure débutait mal , j'étais dans les derniers à être encore sur notre parent , l'automne déjà prononcé allait de toute façon tôt ou tard déclencher ma chute lorsqu'une troupe de geais envisageait un arrêt collation parmi nous . Plusieurs de mes congénères disparurent dans les estomacs gloutons des oiseaux , mais dérangée , cette armée de volatile prit la fuite soudainement. Avant de rejoindre ses comparses déjà en procession dans le ciel , je fus saisi par le bec du retardataire. Lors du voyage dans les airs , par chance il m'échappait et je rejoignis à grande allure la terre.

En quelques jours des feuilles m'offrirent une couverture , ouf ! j'étais devenu invisible pour mes prédateurs aériens , mais les mulots et autres fouinaient et c'est une levée de taupe qui me sauvait définitivement. Les travaux de ce terrassier infatigable m'ensevelirent , ce trou serait mon berceau et j'étais dans mon élément . L'humus allait devenir mon placenta nourricier ou j'allais me loger avant d'apparaître au grand jour , finalement je dois mon salut à mon ennemi du départ ; il est devenu mon ami!

Mais patience , il faut donner du temps au temps et d'abord subir un premier froid hivernal , une rencontre qui déclenchait dès le printemps suivant le miracle de la vie. Enfin des conditions climatiques favorables , des fenêtres de beau temps de plus en plus fréquentes , c'est un signe , il faut y aller !

Tout d'abord je m'enracinais , plongeais dans l'obscurité des profondeurs ma frêle racine , elle assurera mes premiers repas sitôt mes cotylédons épuisés , puis tel un bateau je m'amarrais à cette mère solide par cette ancre vivante. En réplique au pivot souterrain, une tige sous l'attirance du jour ( phototropisme ) s'érigeait vers le ciel , se glissait , levait les feuilles et soumise à la pesanteur ( géotropisme ) montait droite. L'endroit est très propice à ma croissance,je suis au centre d'une petite rotonde et cette mini clairière permet une bonne réception de la lumière et de fait , de la chaleur. La lumière je l'adore ( héliophile), j'absorbe tout son spectre sauf une certaine longueur d'onde "dans les verts" , alors par défaut c'est celui dont sont parées mes feuilles et que l'on peut voir.

Pendant des années j'allais grandir , croître , et fortifier mon tronc , me ramifier dans l'espace et m'étendre à mon aise. Parallèlement mes assises allaient se développer à l'identique.

J'étais devenu un boulimique de gaz carbonique grâce à ce système merveilleux dont la nature m'a donné le brevet ; la photosynthèse.


Sous l'action de ce processus et avec l'aide de mes tissus chlorophylliens , j'utilise l'énergie solaire et l'eau pour transformer le CO2 , une alchimie qui a fait ses preuves! Dans mon corps mon "sang" suit une marche spécifique. Tout d'abord la sève brute ascendante circule au coeur de moi-même et irrigue mes feuilles , une fois l'action de la photosynthèse exercée elle redescend chargée des richesses de ce métabolisme , dite alors sève élaborée elle emprunte les tissus fragiles périphériques.
Tout allait bien lorsqu'un printemps de nouveaux attributs couvraient ma ramure , des fleurs ornaient le moindre de mes rameaux. J'avais atteint la maturité , à mon tour je transmettais la vie! Dans cette voie toutes les alternatives sont bonnes à prendre pour assurer la descendance ; certains végétaux sont dioïques , hermaphrodites même le "clonage naturel" est pratiqué par quelques- uns en quête d'éternité et donc adeptes de la régénération! Pour ma part je suis monoïque , fleurs mâles et fleurs sont présentes distinctement sur moi.

Et de saisons en saisons le temps s'égrenait , que de dangers rencontrés , que d'épreuves surmontées , d'autres de mes frères y ont succombé. J'aurais pu côtoyer un proche cousin , que dis-je un faux frère ; le fayard. Il apprécie dans ses premiers âges l'ombre de ma frondaison mais de croissance très rapide il me dépasse , s'étale , s'ouvre comme un parapluie me privant de la lumière dont j'ai tant besoin...la suite aurait été sans issue . Être trahi par ses proches , qui l'aurait cru ?


Que dire du vent , un bon ami car agent de pollinisation incontournable qui en colère mutile mon houppier , mon allure est alors modifiée. Un déséquilibre physiologique et d'emprise au sol est à craindre mettant à terre les plus faibles d'entre nous. Pour lui faire face il faut un enracinement profond , les bases des premiers jours font la différence.


Étés chauds , canicules , sécheresses sollicitent mes fonctions respiratoires et accentuent la transpiration , l'eau est la préoccupation de ces passages arides.


Mais attention aux orages d'été accompagnés d'éclairs , si la foudre prend l'un de nous pour cible et déclare un incendie , le feu réduira en cendres même les plus gaillards.


Hivers froids , gelures printanières ruinant mes premiers bourgeons et mes fleurs pleines de promesses . Toutes ces morsures sont comme tout autant des coups sur l'échine d'un animal et laissent des traces ; mes anneaux de croissance gardent les empreintes de ces temps difficiles.


Comme si cela ne suffisait pas l'homme en rajoute ! Depuis peu il entoure ma taille avec une corde d'acier hérissée afin de clôturer le pré ! Avec mon diamètre toujours en augmentation , cette ferraille pénètre mes chairs occasionnant des plaies ; véritables portes ouvertes aux parasites et infections diverses . Quand ce ne sont des clous pour fixer la pancarte "Interdit aux Nomades ou Risques d'Incendies ".


Parfois il pratique un émondage si sévère que malgré mon fort pouvoir de réitération , l'opération m'est fatale. Mieux c'est un abattage radical sans jugement qu'il m'octroie , coupé , tranché dès la base à l'aide de cet outil nommé tronçonneuse.


Des grincements fibreux , des craquements sonnent cet hallali du bois .


Élevé au rang d'espèce noble ma disparition n'est toujours vaine , je revis sous d'autres formes lorsque charpentiers , menuisiers , charbonniers sont les commanditaires de la coupe. Je deviens alors ; poinçon , porte , charbon...Mais pour mes compatriotes citadins leurs sacrifices sont souvent bien futiles . Des définitions qui n'ont aucun sens pour leurs existences ; limites de propriétés , proximité d'une demeure , taille imposante , âge avancé...et d'autres sont sources de leurs évictions . Pire encore , pour les sujets attitrés à la décoration , à l'ornement ; la mode en cours et l'humeur changeante du propriétaire dictent leurs longévités.


Ah! Il fut un temps ou les hommes me respectaient , j'étais sacré et une nourriture spirituelle comme lors des Dendrophories , nourriture tout simplement pourtant mon fruit astringent est difficilement comestible.


Ah ! L'homme , si je racontais tout ce que mes yeux ont vus , mes feuilles tremblent encore devant la barbarie dont il peut être parfois l'auteur . C'est fou l'ingéniosité et la volonté qu'il met en oeuvre pour se persécuter lui-même...mais aussi et surtout toutes ces familles joyeuses ayant fait leurs piques-niques sous ma coupole de feuilles et ces couples se jurant amour et fidélité à l'ombre de ma silhouette.


Digne représentant du Règne végétal , un homme m'a nommé Quercus robur ( chêne pédonculé ). Mon biotope est le bocage du Boischaut , je vis là dans le creux d'une vallée depuis si longtemps. Les représentants de mon genre sont apparus sur terre voilà près de 90 millions d'années . Dans cette chronologie l'homme est bien jeune!.


Depuis quelques années je sens la fin qui arrive , mais jusqu'au bout je serai un porteur de vies ou ce qui s'appelle "niche écologique" . Dès mes premières années j'abrite nombre d'oiseaux nichant dans les entrelacs de mes rameaux puis dans les cavités de mes branches vieillissantes , et plus discrète une foule d'insectes. Mais encore des mammifères comme l'écureuil et au sol sous mes feuilles une autre faune grouille.


Petit à petit je vais m'éteindre , mes branches mortes casseront , je tomberais entièrement , d'autres intervenants assureront ma décomposition et je retournerai à la terre.


L'emplacement libéré sera propice à de nouvelles germinations , un autre chêne prendra ma place c'est comme cela depuis des millions d'années...voyez tout est bien."

Je dois préciser que je tiens un bon" rhube de cerveau" , et le médicament prescrit avertit des effets secondaires suivants ; risques de délires et d'imagination excessive ... cela explique cet échange avec ce chêne !



Plus sérieusement dans le jardin c'est la poursuite de la taille des haies , et pas seulement la reprise des charmes.
Devant le Prieuré la haie d'ifs se comporte mal , elle a tendance à "s'ouvrir".




C'est donc la rectification branche par branche avec le sécateur et la règle/niveau.



L'if ( Taxus baccata ) s'acclimate difficilement sur les terres d'Orsan . Je dois régulièrement faire une campagne de fertilisation : corne broyée + terreau + engrais minéral spécial conifères. Cette potion magique est apportée à l'aplomb de la haie , dans des trous de 50/60 cm de profondeur effectués avec la barre à mine , et espacés d'environ 40 cm. Prochaine campagne vitale en 2010.

Bientôt ( semaine 45 ) et surtout ce qui concentre toutes les énergies en ce moment , ce sont les "Ateliers au jardin";
- Le Travail du bois
- Les Piliers du jardinage
- La Taille des rosiers

C'est donc les grands préparatifs, notamment pour l'atelier bois. Tout d'abord bien à l'abri dans la grange il faut écorcer près de 400 gaulettes...puis il faut repérer et démonter les plessis défectueux.





..et dégager la terre







...puis à l'aide de la truelle...stop!






Vous en savez déjà trop , la suite pour tous les inscrits à cette session 2009!

"...devant l'arbre , l'homme doit prendre du recul et lever la tête vers le ciel pour recevoir toute la beauté d'un vénérable chêne . Qui sait , peut-être quelques pas d'humilité et de sagesse."
Et les chênes que j'ai planté dans l'hiver 1993/94 , qui les verra mourir ? Qu'auront-ils à raconter ? Ça y est , la fièvre et les effets indésirables des médocs me reprennent !

mercredi 14 octobre 2009

Capucine dans le labyrinthe ?


Autant en saison elle passeraient inaperçues ...que l'automne arrivée les capucines sont très remarquées et contemplées !


Leurs fleurs en trompettes déclinants les tons rouges , jaunes , orangés et abricots sont mieux que jamais visibles . Tantôt simples ou doubles , ce qui dans le deuxième cas donne aux inflorescences une allure ébouriffée, chiffonnée.











Là , ou d'autres feuillages ont pris leurs manteaux saisonniers...les capucines arborent fièrement des feuilles vertes luisantes ! Les charmes en sont jaloux.


De culture facile , la capucine surprend même le jardinier par ses germinations spontanées et inopinées en tout lieu du jardin d'une année à l'autre .


Ses boutons floraux ( faux câpres ) peuvent finir dans votre assiette , que demander de plus ; belle pour les yeux , bonne pour le ventre !





Mais alors pourquoi cette interrogation concernant la présence de capucines dans les jardins d'Orsan ?
"M'enfin c'est invraisemblable , que fait une capucine dans un jardin à l'accent médiéval et aux connotations monastiques ? "... crient au sacrilège les puristes!


Lors des visites (et comme cela est bien précisé dans les ouvrages ) je ne manque pas de rappeler que les jardins d'Orsan sont une restauration et non une reconstitution , et surtout que leurs constructions est d'inspiration monastique .
Les mots sont toujours de grande importance , ces précisions de vocabulaire permettent d'accepter ces chères capucines , végétaux exotiques et hors de tout contexte historique pour justifier leurs places dans un jardin médiéval .
Les capucines ne sont les seules étrangères à la règle ; cosmos , ipomées , cobées...la liste est longue!

Une reconstitution aurait figé le jardin et attiré les foudres des spécialistes , car malgré tous les efforts possibles , forcément infidèle à la vérité monastique du jardin médiéval. "L'inspiration " est plus souple , permet une liberté dans la présentation d'un jardin de ce caractère tout en suivant les idéaux fondateurs ; l'utilitaire et le symbolique.
Enfin et surtout, n'est-ce pas l'humain qui donnerait la pleine légitimité à un jardin de monastère ; n'est-il pas vrai en tant que tel , que lorsqu'il fait vivre et qu'il est vécu par une communauté religieuse ?

Loin d'une recréation fidèle à ce que pouvait être les jardins d'Orsan , ces jardins cultivés sont une création enrichissante. S'appuyant sur la période lointaine d'occupation de ses terres, et la vocation des occupants de ce territoire , Orsan offre un regard modeste et condensé de la représentation d'un jardin médiéval de monastère.
Leurs constructions au quotidien depuis toutes ces années , est pour moi une magnifique récréation!



J'oubliais , notre capucine est frileuse et aux premiers froids....! Pas de problème il suffit d'avoir pris les devants en gardant précieusement des graines ; vivement l'année prochaine et les beaux jours pour que renaissent les capucines.


Le jardin est fermé aux visites, c'est toujours un vide et en même temps un moment de redécouverte , une réa-propriation des lieux pour les jardiniers. Tout comme si après une séparation ou un éloignement on se retrouve en tête à tête , au calme pour discuter et prendre des nouvelles.
Avec les premières gelées de cette semaine , les bêchages du matin sont appréciables car plutôt réchauffants.
Toujours des tailles de haies , la fermeture des circuits d'eau , le ramassage des feuilles..les dernières récoltes , bref le temps des gants et des bonnets arrive.

Une reconnaissance de végétaux pour finir ;
"Quel est le nom de ce fruit comestible ( et oui !) ? , ainsi que bien évidemment le nom de l'arbuste qui le porte en ce moment.
Indice : " Je suis oxy ou mono "